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Quel genre de sevice publics avons-nous au Burundi?

Jérémie MINANI, le Bon Samaritain burundais?

Une personne morte sur place au cours de l'accident. Photo prise par Jérémie MINANI

Une personne morte sur place, allongée sur le bord de la route, au cours de l’accident.   Photo prise par Jérémie MINANI

Voici un récit véridique qui va vous pousser à vous poser la question de savoir quel genre de services publics nous avons et surtout quel genre de services publics nous voulons avoir au Burundi.

Jérémie MINANI, Président du R.D.B, et déjà candidat présidentiel de 2015, nous relate succinctement l’histoire qu’il a vécu ces derniers jours au Burundi:

« Les faits se sont déroulés ce dimanche 26 janvier 2014, sur la route menant vers le marché de Musanga, tout près du lieu communément appelé « chez VYISI NUBUSA ». Il était aux environs de 13h lorsque je suis passé.  J’ai trouvé plusieurs personnes allongées le long de la route. Ces personnes venaient d’être renversées par une voiture et le chauffeur a pris fuite en laissant son véhicule garé au bord de la route. Une de ses personnes  est déjà décédée.

L’accident est survenu il y a une heure mais ni la police de protection civile, ni la police de roulage, ni la police des enquêtes criminelles n’est  encore arrivée sur le lieu de l’accident. Les blessés (l’un d’entre eux a perdu la jambe droite, l’autre a perdu le bras gauche) ainsi que le cadavre sont allongés à côté de la route.

Une foule au coté des blessés les regardant impuissamment!

Une foule au coté des blessés les regardant impuissamment!

Une foule immense les regarde impuissamment sans rien faire.

Les conducteurs des véhicules qui passent les regardent et continuent leurs chemins comme si rien n’était. Je ne comprends rien de cette indifférence  des véhicules qui passent sans même songer à transporter  les blessés  à l’hôpital. Ce qui me choque le plus,  c’est l’absence honteuse de la police.

Je me suis directement arrêté et j’ai demandé à la population de faire monter  trois blessés dans mon véhicule. J’ai ensuite donné un billet de dix mille francs à l’une des personnes qui étaient là afin de faire transporter les autres blessés dans un taxi.

Arrivé à l’hôpital CMCK, j’ai déposé les trois blessés et je suis retourné sur le lieu de l’accident. Arrivé là-bas, j’ai trouvé les deux autres blessés ainsi que le cadavre toujours allongés à cote de la route de la route entourés d’une foule immense. Au fait celui à qui j’ai donné le billet de dix mille francs s’est enfoui avec l’argent.

J’ai mis les deux autres blessés dans mon véhicule et je les ai ramenés aussi à l’hôpital CMCK.  Lorsque je retourne sur le lieu du crime une deuxième fois, je trouve que le cadavre est toujours là, mais ni la police de protection civile, ni la police de roulage, ni la police des enquêtes criminelles n’est pas encore arrivée sur le lieu de l’accident.

numeroJ’ai directement composé le numéro d’urgence de la police mais personne ne me répond.

J’ai par la suite composé le numéro du chef PSR (police de roulage) mais son téléphone portable est éteint. J’ai aussi composé le numéro du commissaire régional mais il ne répond pas.  J’ai enfin composé le numéro du commandant zone qui me répond qu’il va contacter l’administrateur communal et la police de protection civile.

Avant de partir, une personne s’est approchée de moi et m’a demandé s’il pouvait me parler. Il s’est adressé à moi en ces termes :

« Je crois que tu n’es pas d’ici monsieur. Ici au Burundi, il ne faut jamais faire l’erreur d’amener à  l’hôpital quelqu’un que tu ne connais pas car on te force de payer pour lui. Même la police de protection  civile ne le fait pas. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les chauffeurs qui renversent les piétons ne s’arrêtent pas pour les amener à l’hôpital, ils préfèrent plutôt s’en fuir et laisser ces piétons mourir. »

Le soir, je suis retourné sur le lieu de l’accident et c’est à ce moment-là que j’ai appris la police de roulage n’est arrivée sur le lieu de l’accident qu’après 3h, la police de protection civile et la police des enquêtes criminelles ne sont jamais arrivées sur le lieu de l’accident.

Et ce n’est pas la première fois que je faisais face à une telle situation parce que le30 décembre 2013, aux environs de 17h45 min, je conduisais sur la route qui mène vers le cercle nautique en passant par la R.T.N.B. Juste avant d’arriver au musée vivant de Bujumbura, j’ai vu une motocyclette au milieu de la route et un homme allongé à côté de la route entouré de 4 personnes. Je me suis arrêté et je suis sorti du véhicule.

La Mottocyclette qui venait de renverser le client.

La Mottocyclette qui venait de renverser le client.

J’ai constaté que le monsieur allongé par terre était couvert de sang sur tout son corps.

Ces personnes qui étaient avec lui m’ont informé qu’il venait d’être renversé par la motocyclette au milieu de la route,  que le chauffeur de la motocyclette avait été grièvement blessé et qu’il avait pris le chemin de l’hôpital. Cela s’était passé aux environs de 16h mais la police était toujours absente.

J’ai directement contacté le commandant de la police de roulage et j’ai conduit la personne blessée à l’hôpital Prince Régent Charles.

Arrivé à l’hôpital, les médecins m’ont exigé de payer les soins pour lui. Quand j’ai dit que je n’avais pas l’argent et que je ne connaissais même pas cette personne, les médecins ont refusé de soigner le malade. Ils m’ont informé qu’en vertu du règlement de l’hôpital, toute personne qui amène un malade doit payer les premiers soins pour lui à défaut de quoi cette personne doit repartir avec son malade.

J’ai alors compris qu’il fallait soit laisser la personne mourir, soit payer les premiers soins pour lui. Le problème est que je n’avais pas sur moi le montant forfaitaire de cent mille francs burundais exigé comme caution pour hospitalisation. J’ai demandé à ce que j’aille chercher cet argent mais en vain car le personnel soignant m’exigeait de repartir avec le malade et de le retourner avec lui lorsque j’aurai l’argent. Dans l’entre temps la santé du malade continuait à se détériorer sans que personne ne se soit alertée.

Comme  je n’avais pas cet argent chez moi et que les banques étaient déjà fermées (les rares guichets automatiques qui existent à Bujumbura n’acceptant pas mes cartes de crédits des Etats-Unis ou du Canada), j’ai alors appelé un ami qui a accepté de me prêter cet argent et de me l’amener à l’hôpital.

Une heure plus tard, mon ami est arrivé avec l’argent. Je me suis alors rendu à la comptabilité pour payer. Quand je suis arrivé là, il n’y avait personne pour recevoir le paiement ; une longue file d’attente était là et j’ai été informée que le comptable était parti pour  1h. J’ai dû attendre 2 heures pour procéder au paiement.

Après le paiement, je suis retourné à l’unité de soin d’urgence qui m’a informé qu’il n’y avait de matériel médical et qu’il fallait attendre au moins 2heures.

Je suis parti en laissant le malade allongé par terre en attendant inconsciemment ce matériel médical.

Ce n’est qu’à 23h, c’est à dire près de 7heures, après l’accident que le malade a pu recevoir les premiers soins. La police de protection civile n’est jamais arrivée sur le lieu de l’accident. Quant à la police de roulage, elle est arrivée sur le lieu de l’accident à 21h30, soit à peu près 5heures après cet accident.

Ce que j’ai vu ce 26 janvier 2014 et ce 30 décembre 2013 m’a rappelé le 12 Juillet 2006. Ce jour-là, je me rendais à Ngozi au bord de ma voiture TOYOTA VISTA quand j’ai croisé un camion du ministère de la solidarité nationale qui renversa ma voiture. Un ami est mort sur le champ, moi et deux autres amis étions entre la vie et la mort.

Après l’accident, le chauffeur du camion a fui et la police de roulage n’est arrivée sur le lieu de l’accident que 28heures après l’accident. Notre seule chance est qu’une demi-heure après l’accident, quelqu’un qui connaissait ma voiture est passé et s’est arrêté pour nous transporter à l’hôpital le plus proche (l’hôpital de Kayanza).

Arrivé à cet hôpital, il n’y avait aucun médecin de garde au service des urgences, le médecin-directeur de l’hôpital était à Bujumbura pour le week-end et les deux autres médecins étaient dans une fête de mariage. Pire encore, l’hôpital de Kayanza n’avait pas de chirurgien.  Nous avons été transportés à l’hôpital de Ngozi et avions reçu les premiers soins 5heures après l’accident. Malheureusement, un autre ami avait déjà succombé à ses blessures.»

 Mes chers compatriotes,

Notre pays compte plus de vingt mille policiers qui sont entrainés et payés pour protéger la population burundaise. S’ils ne peuvent pas secourir notre population en temps utile, que font alors ces policiers dans un minuscule pays comme le Burundi ? Ce qui est choquant, c’est le nombre très élevé de forces de l’ordre affecté à la sécurité des dignitaires du régime et d’autres effectués dans des missions souvent dénudées de sens.

Comment se fait-il que lorsqu’un taxi-moto ou taxi-vélo arrive au centre-ville de Bujumbura, il y a toujours des policiers pour l’arrêter alors que cette police est absente lorsqu’il faut protéger ou secourir la population ? De même, lorsqu’il faut disperser les manifestations pacifiques ou s’emparer des biens des commerçants ambulants, la police est toujours là.

Qui peut comprendre comment la police est toujours présente lorsqu’il faut opprimer le citoyen ordinaire mais toujours absente lorsqu’il faut  le secourir ou  le protéger ? Pourquoi la police burundaise n’a pas encore tiré les leçons de l’incendie qui a complètement ravagé le marché central de Bujumbura  à cause de la stupidité des services d’urgence qui n’ont pas pu la maitriser avant qu’il ne soit trop tard? Combien de catastrophes la police burundaise devra-t-elle pour comprendre qu’elle est formée et financée pour  sécourir et protéger la population burundaise ?

 Mes chers compatriotes,

Cette déclaration ne signifie en rien un combat contre le régime de Bujumbura. Que vous soyez membre du CNDD-FDD, du R.D.B, du FRODEBU, du MSD, du FNL ou tout autre formation politique ou même indifférent des partis politiques, que vous soyez de la société civile ou tout autre groupe social, vous devez comprendre que ce qui est arrivé à ces personnes accidentées peut aussi vous arriver. Vous devez faire entendre votre voix en condamnant pacifiquement cette attitude honteuse de la police burundaise. Vous devez convaincre pacifiquement nos  dirigeants à reformer urgemment cette police pour la mettre prioritairement au service de la population burundaise.

Certes mes propos  ne visent pas à vous inciter à la violence ou à la désobéissance, je veux tout simplement que vous faisiez entendre votre voix en  parlant poliment et pacifiquement à nos dirigeants pour les inciter à agir. Si vous avez un dignitaire du régime ami ou membre de la famille, dites-lui de ne pas rester indifférent face à cette situation calamiteuse qui menace votre sécurité.

Je vous remercie

Récit de Jérémie MINANI, Président du Parti pour le Rassemblement des Démocrates Burundais, R.D.B en sigle, et déjà candidat aux élections de 2015.

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Cette entrée a été publiée le 27 janvier 2014 par dans Security.

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